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Certificat de localisation : la règle des 10 ans

  • Photo du rédacteur: Christophe Furet
    Christophe Furet
  • 28 févr.
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 10 mars

Certificat de localisation
Certificat de localisation (illustration)

Quand je prends un mandat de vente, une des premières choses que je vérifie, c'est le certificat de localisation. C'est un document officiel rédigé par un arpenteur-géomètre qui décrit l'état physique et juridique de votre propriété : les limites du terrain, les constructions, les servitudes, les conformités réglementaires.


C'est un document obligatoire dans le cadre d'une transaction immobilière. Il permet de localiser le terrain, les constructions principales et accessoires, mais aussi de connaître et de localiser les limitations de droit privé (comme une servitude) et les limitations de droit public (comme une non-conformité à la réglementation municipale).




Quand faut-il refaire un certificat de localisation ?

La règle est simple : si votre certificat de localisation date de plus de 10 ans, il faut en obtenir un nouveau. C'est une règle qui découle notamment de la décision de la Cour suprême du Canada dans l'affaire Ostiguy c. Allie (2017), et de l'article 2917 du Code civil du Québec.

Mais ce n'est pas seulement une question d'âge. Même si votre certificat a 3 ans, il n'est plus valide dans trois situations.

  1. Si vous avez fait des modifications physiques à la propriété depuis sa production : une piscine creusée, un garage, un agrandissement, un cabanon. Tout changement physique le rend caduc.

  2. Si des modifications réglementaires ont affecté l'immeuble : un changement au règlement municipal de zonage, une nouvelle servitude d'utilité publique, une modification dans les limitations de droit privé ou de droit public. C'est un point que beaucoup de propriétaires oublient. Même si vous n'avez rien touché à votre propriété, il se peut que des changements juridiques soient survenus sans que vous le sachiez. Vous ne recevez pas nécessairement de lettre pour vous en informer.

  3. Si une opération cadastrale (incluant une rénovation cadastrale) a eu lieu et que le certificat fait encore référence à l'ancien numéro de lot.

C'est justement la force du certificat de localisation : l'arpenteur-géomètre ne se contente pas de mesurer votre terrain et vos bâtiments. Il vérifie aussi la situation juridique complète de l'immeuble par rapport aux titres de propriété, au cadastre, et aux lois et règlements pouvant l'affecter. C'est un portrait physique et juridique à un moment précis.


Combien ça coûte ?

Je vois régulièrement des vendeurs surpris par cette dépense : entre 1 000 $ et 2 000 $ selon la complexité de la propriété. Mais c'est une obligation du vendeur, et je préfère qu'on le sache dès le départ plutôt que de le découvrir au moment de la promesse d'achat, quand les délais sont serrés.


Mais ce n'est pas seulement une affaire de coût. Pensez également que ça prend un délai qui est rarement inférieur à 4-6 semaines. Il est donc important de faire la demande dès que vous décidez de mettre votre propriété sur le marché.


Certificat de localisation ou assurance titre ?

Il arrive que certains vendeurs, pour éviter ce coût, proposent plutôt de payer une assurance titre (entre 500 $ et 1 500 $, prise avec le notaire). Je comprends la logique, mais je dis toujours à mes clients que ce n'est pas la même chose.

Un certificat de localisation, c'est de la prévention : un professionnel se déplace, examine les lieux, et vous dit exactement ce qui est là, ce qui est conforme et ce qui ne l'est pas. Vous savez avant de vendre ou d'acheter.

Une assurance titre, c'est de la protection après coup : elle vous couvre financièrement si un problème survient plus tard, mais elle ne vous dit pas ce qui se passe réellement sur votre terrain. Un empiètement, une servitude non déclarée, une non-conformité municipale, tout ça reste invisible.

En d'autres mots, le certificat de localisation vous donne l'information. L'assurance titre vous donne une police au cas où.

Moi, je préfère que mes clients sachent ce qu'ils vendent et ce qu'ils achètent. Et à la rigueur, si le certificat de localisation révèle un problème éventuel, une assurance titre peut protéger l'acheteur (et le vendeur). L'assurance titre doit venir en plus mais pas à la place de.



Ce que je vérifie pour mes clients

C'est aussi un document que j'analyse attentivement pour mes acheteurs. Un certificat de localisation peut révéler des empiètements, des servitudes non déclarées, ou des non-conformités municipales qui ne sont visibles nulle part ailleurs. Je le lis avec mes clients et je leur explique ce qu'il contient.

Par contre, je ne donne jamais de conclusion définitive sur le certificat de localisation qui est de la compétence du notaire et pas de celle du courtier immobilier. Je recommande toujours à mon client de se fier au notaire pour avoir les vraies réponses professionnelles sur ce document.


Si vous pensez vendre dans les prochains mois, vérifiez la date de votre certificat de localisation. C'est le genre de détail qui peut retarder une transaction si on ne s'y prend pas à temps.


Questions fréquentes

Q1 : Quand faut-il refaire un certificat de localisation au Québec ?

R : La règle générale est de 10 ans. Mais même un certificat récent doit être refait si vous avez fait des modifications physiques à la propriété (piscine, garage, agrandissement), si des changements réglementaires ont affecté l'immeuble, ou si une opération cadastrale a eu lieu depuis sa production.


Q2 : Combien coûte un certificat de localisation au Québec ?

R : Entre 1 000 $ et 2 000 $ selon la complexité de la propriété. C'est une obligation du vendeur. Il faut aussi prévoir un délai de 4 à 6 semaines minimum : la demande doit être faite dès que la décision de vendre est prise. Veuillez noter que ça coûte moins cher, si vous utilisez le même géomètre que celui qui a fait votre certificat actuel.


Q3 : Qui paie le certificat de localisation : l'acheteur ou le vendeur ?

R : C'est le vendeur qui est responsable de fournir un certificat de localisation valide. Si le vendeur ne peut pas en fournir un à temps, c'est généralement une assurance titre, aux frais du vendeur, qui sera exigée par le notaire.


Q4 : Quelle est la différence entre un certificat de localisation et une assurance titre ?

R : Ce ne sont pas des équivalents. Le certificat de localisation est un portrait physique et juridique de la propriété établi par un arpenteur-géomètre : il révèle les empiètements, les servitudes, les non-conformités. L'assurance titre couvre financièrement en cas de problème découvert après coup.


Q5 : Est-ce que l'assurance titre remplace le certificat de localisation ?

R : Non. L'assurance titre est une protection financière après coup. Elle ne vous dit pas ce qui se passe réellement sur votre terrain. Un empiètement ou une non-conformité municipale reste invisible avec une assurance titre. Le certificat de localisation vous donne l'information avant la transaction.


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