top of page
marbre noir

My Real Estate Services in Laval, Montreal and the Laurentians

Photo d'immeuble du Plateau

J'y ai vécu dix ans, ce qui fait de moi une caricature

Le Plateau-Mont-Royal c'est la destination préférée des Français qui débarquent à Montréal. Densité piétonne, terrasses, marchés, rues à échelle humaine, cafés qui ressemblent à des cafés. Ils arrivent, ils reconnaissent quelque chose, et ils s'installent. Le quartier s'est d'ailleurs retrouvé avec des surnoms : Petit Paris, Petite-France, Nouvelle-France pour les plus ironiques. Je suis Français, j'ai vécu plus de dix ans sur le Plateau, et je suis courtier immobilier à Montréal. Je suis donc, objectivement, une caricature vivante de ce phénomène. Je peux au moins en parler avec une certaine autorité ! 

J'y avais mes habitudes, mes rues, mes raccourcis. J'habitais sur la rue de Bullion. Je me promenais sur la rue Rachel, sur le Boulevard Saint-Laurent ou sur l'avenue du Mont-Royal, sans oublier le superbe Parc Lafontaine ou je courrais quasiment tous les jours. Cette connaissance-là ne s'achète pas dans un rapport de marché.

J'ai quitté le quartier. Je n'ai pas quitté le marché. Je suis les transactions du Plateau de très près, et j'y interviens régulièrement avec mes clients français, mais pas seulement. Ce que je vous propose sur cette page, c'est les deux choses ensemble : le terrain et les chiffres.

Note : dans cet article, je ne parle pas de la portion Mile-End qui se trouve à l'ouest du Plateau, et qui en est une partie particulière dont je parlerai une autre fois.

Le Plateau s'est construit en cinquante ans, vite et dense

Au milieu du XIXe siècle, le Plateau était encore un territoire de carrières, de fermes, de tanneries, une constellation de villages semi-ruraux qui n'avaient entre eux qu'un lien géographique approximatif. Coteau-Saint-Louis en 1846, premier noyau structuré de tailleurs de pierre. Saint-Jean-Baptiste en 1861, quartier ouvrier avec une vie paroissiale intense. Ces villages ont été absorbés par la Ville de Montréal entre 1893 et 1909.

Ce qui a tout changé, c'est le tramway. En réglant le problème de dénivellation vers la rue Sherbrooke, il a rendu le territoire accessible et déclenché l'urbanisation. Entre 1890 et 1940, des milliers de duplex et de triplex ouvriers en brique rouge ont été construits en rangée, étroits, profonds, collés les uns aux autres, sur des lots découpés au cordeau. Un demi-siècle de construction dense, et le Plateau a pris son visage actuel. Le charme du Plateau qui plaît tant aux français, mais nous en reparlerons plus loins...

Tout a été construit vite, pour des gens qui n'avaient pas d'argent à perdre. La brique rouge, les toits plats, les balcons de fer forgé, rien de tout ça n'était un choix esthétique. C'était le résultat de contraintes économiques et réglementaires qui ont produit quelque chose de cohérent. Ça me fait un peu penser aux banlieues ouvrières en Grande-Bretagne... Dans un style un peu différent, mais les grandes idées, on les retrouve.

Photo d'immeuble du Plateau
Photo d'immeuble du Plateau
Escaliers extérieurs du Plateau

Les escaliers extérieurs, une contrainte devenue une icône

Les escaliers extérieurs sont la première source d'émerveillement puis... d'emmerdements en janvier. Leur origine est réglementaire : une loi du XIXe siècle obligeait les propriétaires à laisser un espace vert en façade. Pour ne pas perdre un centimètre carré d'espace habitable à l'intérieur, on a déplacé les escaliers dehors. Moins de matériaux, pas de cage d'escalier à chauffer, accès indépendant à chaque logement. La logique était économique, pas romantique. Un peu comme la structure, même des bâtiments, c'est la solution technologique qui offrait le meilleur rapport qualité prix pour maximiser la surface habitable.

Ces escaliers ont été interdits à partir des années 1935-1940 car les élites de la ville les trouvaient indignes. Les bobos commençaient à prendre le pouvoir. Puis réhabilités à partir des années 1980-1990, uniquement dans les rues qui en possédaient déjà, pour préserver le caractère du quartier. Finalement on aime ça le kitch. On ne les trouve nulle part ailleurs dans cette concentration. Ni à New York, ni à Paris, ni à San Francisco. C'est strictement montréalais.

Ce qu'un acheteur doit savoir : derrière les façades soigneusement conservées se trouvent souvent des intérieurs profondément transformés. Extensions arrière, mezzanines, cuisines ouvertes, logements fusionnés, salon doubles ouverts ou pas, terrasses posées sur le toit, puit de lumières, etc. L'architecture visible de la rue ne dit presque rien de ce qu'il y a derrière. 

Juifs, Portugais, Grecs, Italiens, Français : le Plateau s'est construit avec tout le monde

Le Plateau ne s'est pas construit avec une seule communauté. Il s'est construit avec toutes celles qui n'avaient pas les moyens d'aller ailleurs, puis avec toutes celles qui ont choisi d'y rester quand les loyers ont monté.

La communauté juive a longtemps été très présente sur le boulevard Saint-Laurent qui sert de frontière informelle entre l'est francophone et l'ouest anglophone de Montréal.

D'ailleurs, vous remarquerez que le boulevard Saint-Laurent est l'axe zéro entre l'Est et l'Ouest. Toutes les rues qui partent vers l'Ouest sont numérotées 1 Ouest, 2 Ouest, etc en l'éloignant du boulevard, et toutes les rues qui partent vers l'Est : 1 Est, 2 Est, etc. Le boulevard Saint-Laurent lui-même, ainsi que toutes les rues qui vont du Sud au Nord, commence à 1 au niveau du Fleuve Saint-Laurent, et les numéros montent jusqu'à plus de 12 000 en allant vers le Nord. Par contre ce n'est jamais indiqué dans le numéro s'il s'agit du Nord ou du Sud puisque la numérotation ne va que vers le Nord en partant du Fleuve Saint-Laurent... pas sûre, que mon explication soit très clair… lol

Bref, c'est dans ce contexte qu'un immigrant juif roumain nommé Reuben Schwartz a ouvert sa charcuterie au 3895 boulevard Saint-Laurent en 1928. Schwartz's est aujourd'hui une institution montréalaise reconnue internationalement, désignée au Guide Michelin Québec 2025, et la file d'attente sur le trottoir fait partie du décor depuis près d'un siècle. C'est sur le Plateau.

La communauté portugaise a laissé sa marque visible dans le quartier. Le parc du Portugal en est le témoignage le plus tangible. Les Grecs, les Italiens, les immigrants d'Europe de l'Est ont tous traversé ces rues à un moment ou à un autre. Ce mélange ne s'est pas effacé. Aujourd'hui, le Plateau est à la fois le quartier des familles qui habitent les mêmes plex depuis trois générations, des jeunes professionnels qui se battent pour les appartements à deux chambres, et des expatriés français qui viennent d'arriver et cherchent un café ou une galette bretonne.

Carte du Plateau (Google Map)

Le quartier des écrivains, des poètes et des soldats

Le Plateau a produit une quantité disproportionnée de gens qui ont laissé des traces. Michel Tremblay y a grandi, rue Fabre. Ses Chroniques du Plateau-Mont-Royal sont une cartographie sociale de l'époque, les triplex en brique brune, les logements de sept pièces, les ruelles, les familles entassées. Émile Nelligan gravitait autour du square Saint-Louis, dont les maisons victoriennes colorées ont hébergé plusieurs générations de gens de lettres. Gaston Miron y a vécu une cinquantaine d'années. Leonard Cohen fréquentait le quartier, et une fresque à son effigie figure encore sur un mur que je contemplais chaque matin depuis ma terrasse.

C'est une des raisons pour lesquelles le Plateau a une identité que d'autres quartiers n'ont pas encore fabriquée. À l'angle de la rue Henri-Julien et de l'avenue des Pins, le manège militaire des Fusiliers Mont-Royal donne à ce coin de rue une allure de forteresse médiévale complètement inattendue. On peut la visiter une fois par an si je ne me trompe pas. Construit en 1911, c'est un édifice fédéral du patrimoine reconnu, avec ses tourelles crénelées et sa porte voûtée. Le régiment est le plus ancien bataillon francophone de Montréal encore en activité, fondé en 1869, et ses hommes ont participé au raid de Dieppe en 1942. Moi qui suit originaire de Normandie, ça me parle.

À l'angle de Rachel et Papineau, l'église Immaculée-Conception a été la première entièrement électrifiée au Canada, inaugurée le 5 juin 1898. C'est là aussi que fut fondée en 1909 la première caisse populaire Desjardins de Montréal. Deux faits historiques sur la même façade, que la plupart des gens ignorent parce qu'ils regardent leur téléphone en passant.

La gentrification 

Le Plateau a été un quartier pauvre. Dans les années 1950 et 1960, les familles qui en avaient les moyens partaient en banlieue. Le bâti se dégradait. C'est précisément ce qui l'a rendu accessible aux artistes et aux intellectuels des années 1970. Les loyers étaient bas parce que personne d'autre n'en voulait.

À partir des années 1980, des diplômés souvent issus des mêmes milieux populaires (résultat direct de l'éducation post-Révolution tranquille) ont commencé à s'y installer. Ils ont rénové. Les commerces ont suivi. Les loyers ont augmenté. Les familles ouvrières de longue date ont été poussées vers d'autres quartiers. Ce n'est pas un phénomène propre au Plateau. C'est le mécanisme classique de la gentrification, et il est documenté. De nos jours on appelle ça le progrès.

Les conséquences sont visibles des deux côtés. Le quartier est mieux entretenu, plus animé, architecturalement préservé. Il est aussi moins abordable, moins diversifié socialement, et le marché locatif y est sous pression constante. Ces deux réalités coexistent. 

Le Plateau pédale vers l'avenir. 

L'arrondissement a décidé depuis quelques années de faire du Plateau un modèle de mobilité verte. Des rues fermées à la circulation de transit, des pistes cyclables un peu partout, une guerre aux voitures menée avec une conviction que d'autres municipalités observent avec admiration. On ne peut pas empêcher les gens d'avoir une auto, alors empêchons les de stationner. Les cyclistes sont contents. Les automobilistes le sont moins. Et les restaurateurs du boulevard Saint-Laurent, qui ont vu leur clientèle du soir se mettre à chercher un stationnement dans un rayon de plus en plus improbable, le sont encore moins. Il y avait des restaurants sur ce boulevard qui proposent des expériences à 150, 200 dollars par personne. Les gens qui dînent là avec leur conjoint(e) n'arrivent généralement pas en vélo. Ces établissements luxueux délaissent de plus en plus le Plateau. Je les ai vu disparaître progressivement.

Le Plateau évolue aussi dans ses usages. Le quartier est devenu le territoire de l'alimentation végétale, du café de spécialité, du yoga, des friperies et de la conscience écologique affichée. C'est une réalité commerciale : les commerces qui fonctionnent le mieux aujourd'hui ne sont pas forcément ceux d'il y a vingt ans.

Et puis il y a la légalisation du cannabis, qui a produit sur le Plateau un effet olfactif que les descriptions immobilières ne mentionnent jamais. Se promener dans les parcs ou certaines rues par beau temps relève parfois d'une expérience multi-sensorielle non sollicitée. Les balcons et les terrasses du quartier s'en ressentent. Je le dis avec le sourire, mais je le dis quand même.

Les vélos du Plateau
Les peintures sur la brique du Plateau

Le parc La Fontaine et les ruelles

Le parc La Fontaine a 40 hectares. C'est le troisième plus grand parc de Montréal, et la cour arrière de plusieurs dizaines de milliers de personnes qui n'ont pas de jardin. En été, sa fréquentation le week-end est une réalité à prendre en compte selon l'emplacement de votre appartement : face au parc n'est pas calme de juin à septembre. C'est une information qui ne figure pas dans la description de la propriété.

Les ruelles du Plateau méritent qu'on en parle sérieusement. Ce qui servait au XIXe siècle à livrer le charbon et la glace — ces ruelles de service ont été progressivement végétalisées par un mouvement citoyen qui a commencé sur le Plateau avant de se répandre dans tout Montréal. Pour un acheteur, une propriété avec accès ruelle-jardin à l'arrière est qualitativement différente d'une propriété sans. Ce n'est pas une variable dans la fiche technique Centris.

Bois ou béton : ce n'est pas une question de goût

C'est la première vraie question technique à se poser quand on cherche sur le Plateau, et c'est celle que beaucoup d'acheteurs posent trop tard.

Le parc immobilier du Plateau est massivement constitué de structures en bois. Derrière les façades en brique qui font le charme du quartier, c'est du bois, des solives, des poutres, des planchers qui craquent et qui transmettent les sons. Le bois a du caractère, il a de la chaleur, il a un plafond haut et des parquets qui craquent d'une façon que certains trouvent charmante et d'autres insupportable. Il n'isole pas le bruit. Quand votre voisin du dessus ou du dessous fait pipi à deux heures du matin, vous le savez. Ce que font ses enfants le samedi matin à sept heures, vous le savez aussi. Éventuellement même, vous avez le plaisir, ou pas, de partager ses moments intimes de couples, ou plus. C'est la réalité d'un plex en bois, et elle ne change pas vraiment après la rénovation.

J'ai consacré un article complet à cette question sur mon blog — les avantages et les inconvénients respectifs du bois et du béton, les points concrets à vérifier avant de signer. Je vous invite à le lire : Bois ou béton ?

Sur le Plateau, le béton est rare. Il est représenté principalement par des immeubles des années 1970-1990, construits à une époque où la densification prenait une autre forme. Ces bâtiments offrent une isolation acoustique sans comparaison avec un plex en bois, un ascenseur, un stationnement intérieur, des systèmes mécaniques centralisés. Mais ils viennent aussi avec une esthétique que certains acheteurs associent à la froideur, ce n'est pas le charme du Plateau.

L'immeuble du 333 rue Sherbrooke Est est l'un des exemples intéressants de cette catégorie sur le Plateau. Cet immeuble en béton, avec ses deux tours et ses espaces communs, piscine extérieure chauffée au dessus du vide, salle d'entraînement, terrasse sur le toit avec une vue 360 incroyable, ascenseurs, stationnements intérieurs dont certains équipés de bornes pour véhicules électriques, offre un niveau de confort qu'on trouve rarement dans l'arrondissement. Il n'est plus jeune, mais il est bien entretenu et sa localisation à l'angle de Sherbrooke et Saint-Denis le place à deux pas du métro et du cœur du quartier... et à distance de marche du centre ville et de la place des Arts Les données que j'ai sur cet immeuble montrent des inscriptions actives autour de 857 000 $ et 899 000 $ en mars 2026 pour des unités de bon standing, avec des frais de copropriété raisonnables. 

Appartement au 333 Sherbrooke Est

Modern marketingaccording  to your needs

bottom of page